Déclaration
Ministérielle
Monsieur le Président
Messieurs
et Mesdames les Députés
Notre
gouvernement fait son départ aujourd’hui alors que le Liban
témoigne de la réalisation la plus importante de son
histoire, à savoir la victoire de la résistance libanaise.
Une résistance qui a été menée par tous les Libanais
contre l’agression et l’occupation israélienne et qui a
contraint l’occupant à se retirer de nos territoires, tout
en reconnaissant sa défaite.
Tout
d’abord, le gouvernement applaudit la résistance et
l’endurance du peuple libanais en général et des habitants
du Liban-Sud et de la Bekaa-Ouest en particulier, qui ont
beaucoup souffert et ont fait d’innombrables sacrifices
pendant les deux dernières décennies.
Le
gouvernement confirme en effet l’attention particulière
qu’il accordera à cette population pour compenser leur
longue souffrance au niveau du développement et de l’économie,
tout en essayant de compenser les chances ratées et les
lourdes pertes dues à l’occupation. Le gouvernement insiste
aussi sur la poursuite du dossier des indemnités de guerre
imposées à Israël par la communauté internationale et les
institutions internationales. L’un des principaux objectifs
du gouvernement sera de maintenir cette réalisation de la résistance
par son exploitation à tous les niveaux, tout en mettant
l’accent sur l’attitude abusive d’Israël qui continue
à occuper les hameaux de Chébaa, maintient les otages
libanais dans ses geôles, occupe toujours le Golan, ne
reconnaît point les droits du peuple Palestinien dont
notamment son droit de retour et exerce toutes les formes
d’injustice à l’égard de ce peuple. Cette attitude israélienne
est en effet à la base des perspectives d’escalade dans la
région.
Aussi,
notre gouvernement s’intéresse-t-il à travailler avec la
profonde conviction que notre victoire au Sud est une
victoire de tous les Arabes et le fruit d’une résistance
libano-syrienne reflétant la concomitance de la position et
du sort et la lutte commune contre les attaques israéliennes
et les séquelles de ces attaques.
Notre
gouvernement confirme que la prochaine phase traduira sur le
terrain le principe du sort commun et de la concomitance des
volets libanais et syrien, dans le cadre de deux Etats indépendants
et souverains. En vertu de ce même principe, la poursuite de
la libération du territoire et des otages libanais sera assurée,
le refus de l’implantation palestinienne appuyé et le droit
inhérent au retour des palestiniens confirmé. Ce principe
contribuera également à consolider la position arabe et à
promouvoir l’action arabe commune face à Israël, notamment
sous l’héroïque Intifada palestinienne et à la lumière
d’une position arabe ferme. Quant au processus de paix, loin
d’être dicté par les israéliens, il consiste à mettre en
application les résolutions internationales et le droit
international. Cette position ne saurait régresser face aux
menaces israéliennes. Exemplaire dans sa résistance, le
Liban le sera aussi dans son action pour la paix juste,
durable et globale, basée sur la poursuite du retrait israélien
des territoires libanais, la restitution du Golan et le
recouvrement par le peuple palestinien de ses droits conformément
aux résolutions des Nations Unies. Le Liban recherchera perpétuellement
la paix, dans le cadre des constantes nationales, malgré les
intransigeances israéliennes et les perspectives de paix qui
semblent médiocres présentement. Le pays, à la superficie
limitée et aux sacrifices énormes, saurait compter sur sa résistance
pour faire face à l’occupation. Il est par ailleurs
pleinement déterminé à contribuer à l’instauration de la
paix juste, durable et globale dans la région. Cette paix
demeure un objectif stratégique que nous tenons à atteindre
en coopérant étroitement avec nos frères arabes et
nos voisins de par le monde.
Toujours
est-il que notre gouvernement qui aspire à la paix nationale
et régionale ne va nullement en attendre la réalisation pour
entamer les réformes politique, administrative, économique
et sociale requises, en vue de relancer l’économie, de
juguler progressivement la crise sociale et de mettre bon
ordre à la situation intérieure. Le Gouvernement
s’attellera désormais à atteindre ces objectifs pour
permettre au Liban, une fois l’heure de la paix venue,
d’entamer cette nouvelle
période, fort, sain et capable de relever ses défis
et d’en récolter les fruits. Si cette heure tarde pourtant
à venir, le pays aurait déjà acquis l’immunité nécessaire.
La
composition de ce cabinet reflète les aspirations et souhaits
exprimés par le peuple libanais lors des dernières législatives
et qui nous guident dans la promotion des libertés publiques,
l’élargissement de la participation populaire,
l’approfondissement de l’exercice démocratique et la résorption
de la crise socio-économique qui incombe aux Libanais, tout
en aspirant à un meilleur avenir.
Cet
avenir signifie à nos yeux la promotion des principes
nationaux intangibles de la souveraineté, de l’indépendance
et de la démocratie ; la consolidation du dialogue et de
l’interaction sous toutes leurs formes ; l’adoption
de la modernité active et productive sans pour autant renier
le patrimoine ; la modernisation des législations et des
institutions afin de suivre les évolutions de la conjoncture
actuelle et de hisser notre pays à la position qu’il mérite
sur le plan régional et international en partant de notre
engagement aux principes du régime démocratique basé sur le
respect de la volonté du peuple, des institutions
constitutionnelles et de l’intérêt public dans l’élaboration
des législations et réglementations.
Ce
régime se fonde de même sur une justice intègre, une
administration efficace, une convergence permanente des
aspirations de la société civile et des politiques étatiques
de manière à consolider la stabilité politique, à aboutir
au développement équilibré des régions libanaises et à rétablir
la confiance entre les Libanais.
Notre
Gouvernement vise à raffermir la confiance des citoyens dans
l’Etat et le système politiques tout en se servant des
principes, des politiques et des pratiques ayant à leur base :
I.
L’entente nationale et la poursuite du retour des déplacés :
Le
Gouvernement, ci-présent devant votre Assemblée se pose pour
objectif le rétablissement de la confiance dans l’Etat et
le régime, au travers de la promotion de l’entente
nationale et du développement.
Au
cours des dix dernières années, le Liban a vécu une
nouvelle période de construction sociale et politique inspirée
du document de l’entente nationale et de la constitution qui
en découle. Mais la vie politique a été, en même temps,
marquée par de nombreux débats et polémiques politiques
ayant trait à certaines clauses de la constitution, à la séparation
des pouvoirs, à l’équilibre politique et de développement
et aux lois électorales.
Ces
débats sont un phénomène tout à fait naturel au sein
d’un régime démocratique ouvert tel celui instauré au
Liban et qui fait partie de la tradition libanaise que préconise
une large participation populaire.
Notre
Gouvernement veille à aborder les questions inspirées par
l’entente et à les appliquer conformément à la
constitution, au sein des institutions constitutionnelles, par
des initiatives de dialogue, de manière à trouver des
solutions qui respectent l’entente nationale, les principes
des libertés, des institutions et de l’équilibre qui nous
ont assuré la stabilité et la prospérité.
Le
Gouvernement s’engage alors à faire une priorité absolue
du problème des déplacés, en consolidant les réconciliations
accomplies et en comblant les lacunes en la matière après
avoir éliminer les obstacles administratifs, octroyer les
indemnités équitables à ceux qui les méritent au travers
des crédits décrétés par votre Assemblée et paver la voie
au retour effectif, permanent et productif des déplacés par
une étroite collaboration entre le ministère compétent et
les autres ministères concernés
et pertinents qui ont été créés à ce sujet.
Au
cours des dix dernières années, l’expérience a révélé
que le peuple libanais peut, par sa volonté d’entente et de
vie commune, surmonter,
voire résoudre les problèmes aussi énormes soient-ils. Il
faut donc relever le défi qui consiste à adapter les
institutions représentatives et constitutionnelles à cette même
volonté, afin de garantir l’union et la solidarité
nationale, de protéger les intérêts nationaux et
d’assurer notamment une représentation convenable de toute
les classes des Libanais.
II.
La Souveraineté légale et la protection du citoyen :
L’expérience
des Libanais a révélé que le redressement de la situation
locale et la sauvegarde des droits et des libertés du citoyen
ne se font que
dans un Etat de droit. Le Gouvernement tient à construite un
Etat dont les dirigeants et les citoyens seront, par leur
attitude et leur acte, également soumis à des règles
claires, nettes et évidentes stipulées par la loi et
conformes aux droits fondamentaux de l’homme.
Dans
ses premiers articles, la constitution libanaise a confirmé
les droits fondamentaux du citoyen
en stipulant que les libertés publiques sont protégées
par la loi et qu’il est interdit d’arrêter,
d’emprisonner ou de séquestrer quiconque qu’en vertu
d’un décret de loi.
Le
Gouvernement mettra en application cette base
constitutionnelle en restructurant le système judiciaire et
en améliorant le secteur de la police
judiciaire. Il va également soumettre à l’Assemblée
un projet de loi pour définir
les cas où le juge peut avoir recours à l’arrestation préventive,
tout en fixant un plafond à la durée de l’arrestation
compte tenu des exigences de l’enquête pour dévoiler les
crimes d’une part et sauvegarder les droits, les libertés
et la dignité du citoyen d’autre part. Tout ce, en partant
du principe que toute mesure qui entrave la liberté est une
exception à la règle générale qui consiste à considérer tout individu innocent jusqu’à
preuve du contraire. Il en découle que la personne soumise à
une arrestation préventive et à qui un jugement a été
refusé a droit à des dommages- intérêts.
Conscient
de l’importance de la justice dans un état de droit, le
gouvernement lui accordera une attention particulière afin
d’en promouvoir l’autonomie.
Il
est donc crucial de passer en revue certaines législations en
vigueur pour assurer une plus grande autonomie de l’action
judiciaire, infliger des sanctions sévères à quinconque
intervient dans la pratique des magistrats et consolider la
validité de l’inspection judiciaire pour supprimer les
anomalies.
III. Les média et libertés : Un rôle libanais distingué
La
liberté et la démocratie se trouvent à la base de notre
système politique et font le particularisme libanais.
Pour
sauvegarder et développer ces deux aspects fondamentaux du
pays, le Gouvernement confirme sa détermination à garantir
les libertés médiatiques et le dialogue nationale démocratique
entre tous les libanais.
Le
secteur médiatique, dont notamment l’audiovisuel, s’est
considérablement développé au cours des dernières années.
Cette
évolution se montre constante grâce à la révolution du
monde de télécommunication, d’où la nécessité d’améliorer
la réglementation et la législation au Liban. Le
Gouvernement vise ainsi à développer et activer les médias
publics et privés, pour que leur rôle se manifeste sur le
plan local et régional par la diffusion par satellite en reflétant
l’image véritable du Liban comme foyer de la liberté, du
dialogue, de la diversité, de la culture qui est en
interaction avec d’autres cultures, et de la civilisation ouverte à
toutes les civilisations, et comme un exemple de solidarité
et de libération.
Au
secteur de l’information s’ajoute celui de la publicité
qui, revêtant d’une importance particulière, a atteint un
haut niveau d’évolution, a attiré
bon nombre des jeunes
libanais et s’est
élargi avec la diffusion par satellite qui couvrent
les différentes chaînes satellitaires présentes.
La
diffusion par satellite, les relations publiques et la
publicité ont assigné au Liban un plus grand rôle sur ce
marché en développement au niveau régional et
international. Il
est donc evident de se concentrer sur ce secteur,
d’encourager les démarches assurant son succès, de lui
accorder, autant que possible, la plus grande marge de manœuvre,
d’éviter tout ce qui puisse lui porter atteinte ou réduire
sa liberté, sa croissance rapide ou l’accroissement de sa
part de marché au niveau des pays arabes et du monde entier.
Ce secteur fait désormais partie de l’économie nationale
moderne. Il regroupe des créateurs et des producteurs
hautement expérimentés et qualifiés qui occupent
aujourd’hui des postes importants dans le monde.
L’ancien
Gouvernement a soumis un projet de loi pour édifier la cité
médiatique. Cette loi avangardiste s’annonce utile
à l’économie nationale dans son passage au vingt-et-unième
siècle. Mais notre Gouvernement compte retirer ce projet de
loi pour y apporter quelques amendements de façon à le
rendre conforme à son idée, compte tenu des expériences
effectuées par d’autres pays dans ce domaine.
IV.
L’intérêt aux Jeunes.
Vu
le rôle important de la jeunesse et des sports, un ministère
spécial a été créé à cet effet. Notre Gouvernement va
assurer à ce ministère un départ en force pour attirer tous
les jeunes libanais et encourager les initiatives visant à
promouvoir le dialogue entre eux, à développer le sens du
patriotisme les unifiant, à profiter de leurs capacités et
de leurs expériences, à assurer le climat propice à leur
participation effective à élaborer la décision nationale et
à construire un avenir prospère. Car enfin, la
jeunesse est le nerf de la société civile libanaise et le
pilier du progrès et de la prospérité.
il est de leur droit de participer à la vie publique et de
notre devoir, en tant que ministres et parlementaires, de
porter un intérêt particulier à leurs problèmes afin
qu’ils puissent accéder au siècle de la connaissance, et
d’adopter les lois nécessaires à cet égard.
Les
jeunes libanais, sous l’effet de la crise socio-économique
aiguë qui
frappe le pays, font face à une crise de chômage
qui entraîne une migration dangereuse qui vide le pays de ses
compétences et des nouvelles spécialisations attirées par
les debouchés à l’extérieur. Pour ce, le
Gouvernement cherche à relancer l’économie, promouvoir la
croissance pour créer de nouveaux emplois aux jeunes et
permettre au Liban de profiter des capacités de ces forces.
Les
Libanais, dont notamment bon nombre de jeunes, accordent une
importance particulière aux sports qui se sont largement développés
et ont contribué à offrir une bonne image du Liban grâce
aux résultats de nos divers sportifs, dans différents
domaines, sur la scène locale, régionale et internationale.
Le Gouvernement tient donc à développer les sports, à paver
la voie de sa modernisation à lancer les initiatives pour améliorer son rôle, puis à
activer le rôle des syndicats, associations et divers
organismes concernés.
V.
Le rôle de la femme :
Conscient
du rôle primordial de la femme libanaise dans le développement
de la société, le Gouvernement va promouvoir sa
participation à la vie publique et économique en :
1-
Lui assurant l’égalité des chances dans les
secteurs publics et privés,
2-
Sauvegardant ses droits par le biais des lois et législations
qui lui permettent de remplir parfaitement son rôle.
VI.
Renforcer le rôle des associations civiles
Notre
gouvernement confirme sa résolution à activer le rôle des
associations civiles et des organisations non gouvernementales
pour que les capacités et le potentiel de ces dernières
viennent compléter le
potentiel du gouvernement afin de bâtir une patrie solide et
saine.
VII.
La culture
La culture est le premier capital du Liban. Notre objectif consiste à mener
le pays à contribuer efficacement à l’économie de la
culture qui est
devenu le secteur économique le plus rapide et par conséquent
à assurer la liberté de transfert des informations,
l’investissement dans le facteur humain et la mise à profit
de la diaspora libanaise
dans les pays d’émigration.
Au niveau culturel, notre gouvernement cherchera
à décréter une loi actuelle pour restructurer le ministère
concerné, réhabiliter les sites historiques qui font la
fierté du Liban, renforcer le tourisme culturel et veiller à
ce que le prochain sommet des pays francophones qui aura lieu
au Liban l’année prochaine, soit un événement mondial mémorable
et contribue à consolider les relations politiques, économiques
et culturelles du Liban avec plus de cinquante nations.
Sachant que le Liban avec sa compétence et les talents de ses
habitants est capable de briller dans le ciel de la culture
arabe à laquelle il appartient et à qui il a apporté une
contribution qualitative au cours de son développement. Notre
gouvernement veillera à encourager la créativité artistique
et intellectuelle au niveau du dessin, de la sculpture, du théâtre
et de la musique et en particulier l’édition du livre et
son exportation et la production télévisée pour que le
Liban récupère sa place de pionnier au sein de la culture
arabe actuelle. Comme la liberté de pensée et d’expression
est garantie par la Constitution et la Législation, une des
missions du gouvernement consiste à encourager la diffusion
des œuvres de nos écrivains et artistes pour qu’ils soient
accessibles aux habitants de la région et du monde entier ce
qui profiterait à l’image du Liban et à l’économie
nationale.
Monsieur
le Premier Ministre, Messieurs et Mesdames les Députés
Le
pays traverse une crise économique et sociale engendrée par
le ralentissement de la croissance, l’établissement d’une
période de récession, l’augmentation du taux de chômage,
le déficit budgétaire et l’accroissement de la dette
publique.
Les
expériences précédentes ont confirmé la difficulté de réduire
les dépenses publiques constituées en grande partie
par les dépenses du service de cette dette et les salaires
des employés du gouvernement. Cependant, cette vérité ne
doit pas nous empêcher d’établir un plan à long terme
pour orienter les dépenses et les réduire dans les secteurs
possibles. A la lumière de ces faits, le gouvernement compte
limiter l’augmentation
des dépenses aux secteurs nécessaires et surtout ceux qui
contribuent et visent à activer l’économie et stimuler la
croissance tout en préservant le niveau des services sociaux.
A
partir de ces vérités, aborder le problème du déficit budgétaire
reviendrait à activer le
cycle de l’économie, réaliser une croissance
continue et améliorer la collecte ce qui mènerait à
augmenter les recettes du Trésor et à réduire
progressivement les taux et montants du déficit du budget.
En
conséquence, nous croyons que les politiques de stimulation
de la croissance constituent les moyens les plus lucratifs
pour résoudre le problème du déficit car la croissance
permettrait à l’Etat de réserver au Trésor une plus
grande partie du Produit National Brut sans pour autant
affecter le niveau du revenu des citoyens et sans faire appel
à une augmentation des taux d’imposition fiscale.
Le
gouvernement aura recours à une série de politiques, de
projets de lois, de mesures de stimulation du secteur privé
et d’encouragement de ses initiatives et par conséquent à la réalisation de la croissance continue de l’économie
nationale dont les aspects les plus importants sont les
suivants :
1-
Mettre en place de nouveaux projets de lois qui
contribueraient à préparer un climat favorable à
l’investissement.
2-
Faire démarrer les projets gelés ou qui ont subit un
ralentissement dans le rythme de leur travail et qui disposent
de ressources provenant de prêts aisés.
3-
Veiller à consolider la confiance dans le présent et
l’avenir de l’économie libanaise, y compris la
commercialisation et la promotion des marchandises et services
libanais au niveau local et international, auprès de nos
partenaires commerciaux à l’étranger.
4-
Adopter les politiques qui visent à instaurer une plus
grande ouverture dans l’économie libanaise, ce qui englobe
aussi le recours à la politique du ciel ouvert, la tendance
à faciliter l’obtention de visas pour entrer au Liban,
l’adoption de mesures qui viseraient à réduire les barrières
douanières et supprimer les obstacles non-douaniers.
5-
Faciliter les mesures administratives, accélérer les
procédures et éviter la routine administrative.
6-
Chercher à baisser certains tarifs, impôts et taxes
de communications ce qui mènerait à une plus grande
stimulation de l’économie.
7-
S’efforcer à conclure un plus grand nombre
d’accords avec les groupes économiques arabes et européens
et l’Organisation Mondiale du Commerce.
8-
Tenter d’améliorer la collecte des droits du Trésor.
9-
Adopter le principe de la privatisation des projets et
secteurs dont la privatisation profiterait à l’économie et
aux citoyens et utiliser les bénéfices pour réduire la
dette publique.
10-
Confirmer
les principes fondamentaux de l’économie libanaise, la
stabilité législative et veiller à ce que l’état
accomplisse ses devoirs, respecte ses engagements et tienne
ses promesses.
11-
Accorder
des récompenses et certaines exonérations aux entreprises
dont les produits et les services obtiennent une
classification issue des autorités internationales concernées
( ex : ISO)
Le
plus grand défi que le Liban envisage à l’avenir, c’est
la stimulation de son économie de libre échange pour
qu’elle puisse devenir une économie concurrentielle qui
viserait à développer le potentiel des libanais, leur compétence
et leur productivité dans le cadre des nouvelles lignes
directives de l’économie, assurer une augmentation de
l’emploi et améliorer le niveau de vie des citoyens par le
biais d’un développement équilibré et général.
Les
citoyens s’attendent à ce que nous relevions ces défis.
Certains, sous la pression de la dure situation économique et
sociale, pourraient aller jusqu’à
croire que notre gouvernement trouverait des solutions
magiques qui changeraient radicalement la réalité économique
et sociale. Comme notre gouvernement n’est pas en mesure de
lancer des promesses trop optimistes qui s’adresseraient au
public et à votre assemblée nous nous engageons devant vous
et devant le peuple libanais à tenter d’affronter la crise
et à déployer tous les efforts pour la surmonter selon les
principes suivants :
I
. Continuer à préserver l’équilibre monétaire et
financier qui a prouvé au cours des dernières années
qu’il était et demeure l’une des bases les plus
importantes de la stabilité sociale et économique.
II .
Poursuivre la construction et le redressement économique pour
stimuler la croissance selon un rythme en harmonie avec les
capacités de l’état et la confiance dans le potentiel
considérable du peuple libanais par l’utilisation des fonds
et accords signés avec les institutions internationales et
les pays amis.
III.
La privatisation: La privatisation est une des politiques que
nous nous engagions à adopter pour stimuler la croissance et
réaliser des profits économiques par une administration plus
efficace, un meilleur service et un moindre coût des secteurs
qui seraient privatisés. Cette opération permettrait de
lancer la liberté d’initiative à une grande échelle et de
profiter des expériences internationales similaires qui s’étendent
sur deux décades. Ces expériences nous invitent à tirer
beaucoup de leçons. Le succès de la privatisation suppose la
prise en considération de la nature du secteur susceptible
d’être privatisé pour choisir la méthode adéquate pour
appliquer cette privatisation. La privatisation a prouvé son
efficacité dans les secteurs concurrentiels comme la vente
directe à des investisseurs stratégiques selon des
conditions spécifiques fixées par l’état en plus de la
vente au public, la transformation de certains établissements
en sociétés par actions où le secteur privé pourrait
participer à pourcentage variable, les concessions dans les
secteurs qui profitent d’un monopole, le B.O.T et les opérations
similaires dans les nouveaux domaines économiques qui nécessitent
des capitaux énormes et auxquelles les libanais résidents et
émigrés participeraient. Toutes ces opérations devraient
s’effectuer dans un cadre qui veillerait à éviter la
domination et le monopole et par le moyen d’un mécanisme
efficace pour contrôler les secteurs sujets à la
privatisation.
IV.
Soutenir le secteur privé, l’encourager, le stimuler, étendre
son activité, créer de nouveaux emplois,
faciliter l’investissement par le profit et la
construction par les caractéristiques fondamentales et les
capacités concurrentielles de l’économie libanaise fondée
sur l’encouragement de l’initiative individuelle et les
garanties légales de la propriété ; orienter les
tendances vers une économie de connaissance et consolider la
stabilité législative et fiscale.
Le gouvernement compte poursuivre la mise en
vigueur de climats fiscaux, douaniers, législatifs et
administratifs susceptibles d’encourager l’investissement
dans les différents secteurs productifs et envisager de
conclure un accord de Partenariat Euro-Méditerranéen et
d’adhérer à l’Organisation Mondiale de Commerce. Il
compte aussi poursuivre la conclusion d’accords bilatéraux
et collectifs avec les pays arabes, les zones franches et les
zones industrielles et soutenir les PME, les entreprises de
l’industrie de développement et les projets d’économie
et de technologies modernes pour les jeunes compétences.
V.
Tenter de résoudre le problème chronique dont souffre
l’administration et chercher à le contrôler, le
simplifier, le minimiser
et le développer par la modernisation,
l’actualisation, la mécanisation et la formation . Il
faudrait veiller aussi à augmenter sa productivité en
stimulant le développement administratif, en activant le rôle
des organismes de la réforme administrative, des organes de
contrôle, de l’administration des recherches et de
l’orientation et à confirmer sa coopération.
La
réussite d’un programme
gouvernemental est tributaire de l’existence d‘une
administration moderne et développée dotée d’une compétence
et d’une efficacité élevées par des programmes de
formations spécialisées et continues qui fonctionnent en
s’inspirant de l’esprit du siècle et de ses rapides
mutations. Cette administration devrait être consciente que
sa raison d’être est
le service du citoyen, les besoins du progrès de l’économie
et du développement et l’amélioration du niveau
d’efficacité et de compétence. Elle devrait accepter la
critique positive et l’évaluation en fonction des critères
de production, de compétence et du niveau de la performance
et sa qualité.
Les
expériences passées ont prouvé que l’implantation d’une
telle administration exige un plan explicite, un travail
continu et une longue période. Elle est aussi sujette aux
convictions, à la contribution de tous les pouvoirs
politiques et leur coopération pour atteindre cet objectif.
Notre
gouvernement soumettra donc des projets de lois et des législations
à votre Assemblée et vous invite à les examiner et les
adopter. Ces projets de lois porterons sur plusieurs de
domaines, nous en citerons les suivants :
A-
L’amendement des clauses de la loi de comptabilité
publique en vue de simplifier et d’accélérer les procédures
administratives et stimuler la comptabilité en fonction de la
performance.
B-
L’amendement des clauses du système des
adjudications pour les simplifier à
l’instar de la majorité des pays du monde, ce
qui mènerait à simplifier et contrôler les opérations
d’adjudication et à améliorer leurs conditions et leurs résultats.
C-
L’amendement des clauses de la loi commerciale pour
encourager l’investissement local et international afin que
cette loi puisse suivre les progrès et les mutations des
technologies, des moyens de communication et le commerce électronique
ce qui mènerait à la consolidation de la place du Liban dans
les échanges commerciaux au niveau international.
D-
Améliorer la loi des municipalités et consolider leur
prérogative, à partir de notre foi en la démocratie locale
et offrir ainsi aux citoyens le moyen de participer à la décision
municipale et nationale à tous les niveaux par la pratique et
l’évaluation.
E-
L’amendement de la législation douanière afin que
les douanes puissent offrir des services modernes, rapides et
efficaces qui contribueraient à activer le marché local, à
réduire le coût des marchandises et des différents services
et par conséquent à renforcer le pouvoir concurrentiel des
entreprises du secteur privé.
F-
Elaboration d’ une législation moderne pour
organiser le Transit et
l’encourager.
G-
Amendement de certaines clauses de la loi de
construction pour simplifier et donner plus d’efficacité au
travail des investisseurs dans ce secteur vital.
H-
Amendement de certaines clauses de la Sécurité
Sociale en vue de réduire les tarifs et redéfinir ses
fonctions, ses méthodes d’administration ainsi que les
secteurs et les domaines qu’elle couvre. Cette opération mènerait
à la réduction du coût de l’emploi au Liban et
encouragerait l’emploi sans pour autant affecter les
avantages et les services offerts aux employés et aux salariés.
I-
Elaboration d’une loi sur le loyer qui rendrait
justice au propriétaire et au locataire.
J-
Organiser et activer l’hospitalisation publique.
Conformément au plan de redressement, les cabinets précédents
ont veillé à moderniser les hôpitaux et les hospices et à
implanter de nouveaux hôpitaux et hospices. Ce plan est sur
le point de s’achever. Il faudrait désormais se concentrer
sur le fonctionnement de ces hôpitaux avec compétence.
L’hospitalisation a toujours été un sujet crucial mais au
cours de cette période de crise économique il est devenu
encore plus vital. Une action sérieuse et responsable est nécessaire
pour offrir aux citoyens des services médicaux de large
envergure et avec une efficacité telle que le coût en serait
réduit.
L’augmentation de la facture de l’hospitalisation,
des services médicaux et des médicaments qui a atteint des
taux élevés au cours des années précédentes et en
l’absence d’une amélioration relative de la qualité de
la couverture médicale des citoyens et des principes de la
santé préventive nécessite aujourd’hui une solution
rapide. Nous envisageons la nécessité de prendre une décision
audacieuse pour tirer le secteur de la santé du cycle des épreuves
de force pour garantir l’objectivité du traitement. Le
Ministère de la Santé serait alors le parti concerné par la
Santé et la planification de l’avenir, en
attendant d’adopter les moyens et les méthodes
susceptibles d’assurer un meilleur niveau de couverture pour
les citoyens et une plus grande part de compétence et
d’efficacité au niveau des ressources humaines affectées
à ce secteur.
K-
Affermir le pouvoir concurrentiel du Liban dans le
secteur de l’informatique par la remise en question des lois
existantes et leur développement pour qu’elles soient conformes aux critères
internationaux, par la modernisation de l’infrastructure des
communications et de l’informatique et leur développement
ainsi que la remise en question du coût d’utilisation. Ceci
en plus de la consolidation de l’engagement du Liban vis à
vis des principes de la protection de la propriété
intellectuelle ce qui attirerait les compétences au Liban et
encouragerait leur implantation. Le Liban serait un point de départ
via les pays de la région.
VI.
L’Agriculture et l’Industrialisation Agricole
En
dépit du grand nombre de citoyens actifs dans le domaine de
l’agriculture, le taux de participation de ce secteur au
produit national brut est en perpétuelle régression en
raison de trois facteurs : la rareté de
l’investissement dans la modernisation agricole et la
diversification des récoltes, l’incapacité concurrentielle
de la production agricole libanaise et la rareté de
l’investissement dans l’industrialisation alimentaire.
Le
gouvernement est déterminé à résoudre le problème de
l’irrigation, à encourager l’industrialisation dans le
secteur agricole ainsi que dans les autres domaines et à
rechercher des marchés existants ou émergeants pour les
produits agricoles libanais, et ce à travers la coopération
économique avec les frères syriens, notamment en matière de
spécialisation dans des récoltes spécifiques, de façon à
profiter aux deux pays frères. Le gouvernement vise également
à promouvoir la vulgarisation agricole et les cultures de
substitution, et à encourager les cultures de rapport. Il
oeuvrera pour l’affectation des fonds nécessaires aux
exportations agricoles.
La
richesse du Liban en eau fait partie intégrante de sa
richesse nationale. Par conséquent, il est nécessaire de la
développer, de la protéger, d’élaborer une stratégie
visant à la fructifier et d’en profiter à travers les démarches
suivantes :
1-
Sauvegarder, promouvoir et protéger les eaux
souterraines contre la pollution.
2-
Mettre au point des projets destinés à utiliser les
eaux de surface tels que les digues et les lacs, compléter le
projet du Litani et exécuter ces projets avec les meilleurs
moyens, et ce dans le cadre des protocoles sur le transfert
aisé conclus avec les Etats et les institutions frères.
3-
Mettre au
point une gestion moderne afin d’utiliser l’eau et de
rationaliser son utilisation,
et coopérer
avec le Ministère de l’Environnement à cette fin.
4-
Elaborer
un plan visant à élargir et à moderniser les réseaux
hydrauliques dans le cadre de la coopération avec le secteur
privé afin d’approvisionner toutes les régions et tous les
quartiers libanais en eau.
VII.
La Politique de l’Habitat
Le
gouvernement est déterminé à continuer de soutenir la
politique de l’Habitat de l’Etat, à appliquer la loi
relative à l’Institution publique de l’Habitat et à élargir
son domaine de compétence de manière à couvrir les
nouvelles tranches aux revenus limités. Le gouvernement
oeuvrera pour l’élargissement du cadre de la coopération
en vue qu’il devienne tripartite, à savoir entre
l’Institution publique de l’Habitat, les banques privées
et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et ce, dans le
but de parvenir à des politiques à long terme concernant
l’habitat des classes aux revenus limités.
VIII.
L’Education et l’Enseignement
Le
dossier de l’enseignement, quels que soient ses types et ses
niveaux, est d’une priorité absolue sur le plan national.
Il est d’une part l’aspect social relatif au coût de
l’enseignement, et d’autre part, l’aspect politique
relatif au principe d’égalité des chances et de démocratisation
de l’enseignement sans oublier l’aspect concernant
l’avenir national et le développement durable et global qui
repose sur le niveau d’enseignement et de développement de
tous les citoyens ainsi que sur leur capacité à capter les
changement du siècle et à participer à l’édification de
l’avenir avec compétence et aptitude. Le gouvernement
accordera l’attention nécessaire aux établissements
scolaires publiques afin qu’ils deviennent capables
d’accueillir tous nos enfants dont le taux a atteint environ
50%, dans le domaine de l’enseignement publique, en
comparaison avec les écoles et les instituts privés.
Le
gouvernement est déterminé à réviser la répartition géographique
des écoles, au niveau de la concentration et de
l’augmentation du nombre à certains niveaux, ainsi qu’à
poursuivre l’enquête sur l’application, l’assimilation,
la correction et le développement des nouveaux programmes. Il
compte examiner la structure de l’administration pédagogique,
les problèmes des enseignants quant à la culture, la
formation, l’amélioration de la compétence et les moyens
d’encouragement et de contrôle.
Le
gouvernement accordera une attention particulière à
l’enseignement professionnel et technique de manière
à exécuter le plan de construction des instituts techniques
et technologiques, les instituts de moyenne et haute
technologie. Il vise à promouvoir ses programmes et à
classifier ses diplômes de façon que ce plan soit conforme
aux besoins quantitatifs et qualitatifs du marché du travail.
Quant
à l’Université Libanaise qui joue un rôle prépondérant
dans l’édification présente et future du Liban, elle
compte près de 60% des universitaires libanais et souffre des
mêmes problèmes que les autres institutions pédagogiques.
C’est
pourquoi le gouvernement est déterminé à accorder à cette
illustre institution nationale un intérêt particulier en
votant, en collaboration avec le conseil de l’Université et
le Ministère de l’Education, une nouvelle loi qui contribue
à élever le niveau de son administration,
de ses enseignants et de ses étudiants. Il tient également
à achever la construction de son campus universitaire dont
l’exécution a longtemps traîné. Le gouvernement
continuera de sauvegarder l’indépendance académique et
administrative de l’Université, de lui accorder toutes les
formes possibles de soutien en vue de maintenir son statut et
son niveau d’enseignement et de moderniser ses facultés,
ses laboratoires, ses bibliothèques et ses centres de
recherche et d’études pour qu’elle puisse réaliser
toutes les espérances au présent et à l’avenir.
IX.
L’Environnement
Le
gouvernement accorde une grande priorité à
l’environnement. Les derniers développements mondiaux ont
prouvé que les bonnes décisions sur le plan écologique sont
également bonnes sur le plan économique si le critère est
la vie des peuples et l’intérêt des générations futures
et non pas les calculs et les intérêts momentanés des
personnes.
Nous
appelons à un état d’alerte écologique au Liban, à un
arrêt immédiat de toute destruction écologique et à l’élaboration
d’une politique écologique explicite ainsi qu’un
programme d’action limité par un calendrier.
L’administration écologique que nous préconisons n’est
point un annexe aux programmes de développement, mais en
constitue une partie organique destinée à résoudre les
questions relatives aux sources de pollution de l’air et de
l’eau et le chaos dans l’exploitation des terres et
l’organisation de l’industrie.
Il
est indispensable de créer une institution nationale et
scientifique pour l’environnement dont l’objectif serait
d’entreprendre des recherches et des études spécialisées
ainsi qu’une action normative. Par conséquent, les
politiques écologiques nationales deviendraient basées sur
des informations fiables au lieu de demeurer des réactions et
des premiers secours dont l’effet ne dépasse pas, dans le
meilleur des cas, le report du problème ou son transfert
d’un endroit à un autre.
La
coordination entre le Ministère de l’Environnement et les
autres ministères donnera lieu à des solutions permanentes
pour les carrières et les sablières et permettra d’exécuter
un plan de sensibilisation global qui vise à doter nos générations,
de principes écologiques qui reposent sur des programmes médiatiques,
scolaires et civils.
Les
mesures exécutives de la politique écologique à laquelle
nous aspirons ne doivent pas se limiter aux sanctions et à la
dissuasion des contrevenants. Il est nécessaire que les
motivations constituent une partie essentielle de toute
politique moderne de manière à encourager les individus et
les institutions à adopter des mesures qui protègent
l’environnement en leur accordant le soutien financier et
les exonérations fiscales outre le fait d’imposer des impôts
et des amendes aux pollueurs.
Nous
devons tous, citoyens, dirigeants politiques, intellectuels,
industriels et commericaux, œuvrer ensemble pour assurer un
environnement sain aux générations futures.
X.
Les Travaux Publics et le Transport
Le
gouvernement est déterminé à élaborer une nouvelle
politique pour l’entretien des routes, en envisageant la
possibilité d’en privatiser certaines, de façon à
profiter des crédits disponibles par les meilleurs moyens
afin d’assurer le meilleur rapport qualité-prix, et ce
conformément à une base de données qui adopte le système géographique
informatique en
vue de déterminer les exigences de l’entretien, l’étude
de faisabilité, la rentabilité de l’entretien et les
priorités des travaux.
Dans
le domaine de la planification urbaine, le gouvernement
s’attellera à l’élaboration d’une politique générale
de transport qui tentera de rendre le rôle du secteur public
et celui du secteur privé complémentaires en séparant l’élaboration
des politiques et la détermination des objectifs de
l’organisation et du contrôle d’une part, et du travail
d’autre part. Le rôle primordial de l’Etat est d’élaborer
la politique, de mettre au point la stratégie et de concrétiser
les grandes lignes des cadres réglementaires tout en réduisant
le rôle du secteur public dans la mise en marche des moyens
de transport. Cela requiert la promulgation de nouvelles législations
qui déterminent les organisations non gouvernementales chargées
de l’organisation et du contrôle ainsi que leur position.
Au
niveau du transport aérien, le gouvernement considère
qu’il est nécessaire de suivre le cortège du progrès
rapide dans ce secteur en adoptant la politique du ciel
ouvert. Le gouvernement oeuvrera pour la création d’un
organe spécialisé dans la gestion du secteur de l’aviation
civile.
Pour
ce qui est du secteur maritime, nous estimons qu’il est nécessaire
de planifier les ports commerciaux, touristiques, de pêche et
de plaisance tout au long de la côte libanaise.
Quant
au transport terrestre, nous oeuvrerons pour transformer le
service des chemins de fer et du transport public d’un
moteur concurrent dans le secteur en un organisateur du
secteur de manière à fonder une société commerciale indépendante
qui active les bus du service et à élaborer les décrets réglementaires
et opérationnels destinés à restructurer le service conformément
à son rôle réglementaire et de contrôle. Le gouvernement
s’efforcera de généraliser le transport commun sur tout le
territoire libanais, y compris les trains, afin d’activer le
cycle économique, de réduire la facture des combustibles et
de limiter la pollution écologique.
Dans
le domaine du transport des marchandises, nous continuerons de
déployer des efforts soutenus en vue de réduire les taxes
sur le transport interne et transfrontalier en collaboration
avec les pays frères voisins.
XII.
Le Tourisme
Le
tourisme s’est avéré être une industrie mondiale développée
où se concurrencent tous les pays, et qui se base sur une
conception moderne du produit touristique qui surpasse désormais
le tourisme d’agrément mais penche vers l’investissement
de notre richesse culturelle et de notre patrimoine
civilisationnel et cognitif. Sur ce, le gouvernement
d’efforcera de :
1-
Encourager l’investissement dans le secteur
touristique, sauvegarder notre richesse touristique et écologique,
adopter les politiques visant à élaborer des législations
et des mesures qui contribuent à l’essor du secteur
touristique, qui encouragent et facilitent la venue au Liban,
qui promeuvent l’information touristique extérieure et élargissent
le marché touristique libanais de manière qu’il couvre le
tourisme économique et de santé.
2-
Réactiver le rôle du Liban dans les organisations
touristiques régionales et internationales, et en particulier
au sein de l’Union Arabe pour le Tourisme, l’Union
Internationale des Organisations touristiques officielles et
l’Union Internationale des Associations d’agences de
tourisme et de voyage.
3-
Améliorer le produit touristique, réduire son coût
et promouvoir sa compétence en développant le niveau et la
qualité de services des employés dans le secteur
touristique, tout en assurant leur formation.
4-
Ouvrir de nouveaux marchés et encourager la coopération
en matière de commercialisation touristique commune avec les
Etats arabes voisins.
XIII.
L’Industrie
Le
gouvernement, considérant l’industrie comme un secteur
porteur, est conscient du rôle qu’elle peut jouer dans le
redressement économique, l’augmentation du revenu national
et la recherche de nouvelles opportunités de travail qui
attireraient les jeunes Libanais et les empêcheraient d’émigrer.
Le
gouvernement est déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires
pour assurer un climat favorable à l’investissement dans le
but de développer ce secteur.
En
outre, il accordera la plus grande attention à la
facilitation de la création d’entreprises économiques,
tout en insistant sur la réduction du coût de production et
l’amélioration de la productivité pour assurer et
contribuer au pouvoir concurrentiel.
Il
s’efforcera également d’encourager les nouveaux
investissements dans le domaine des industries de pointe, en
particulier l’industrie informatique et des nouvelles
connaissances, d’assurer les marchés extérieurs à ces
produits à travers des conventions équitables et le rôle
actif des missions libanaises à l’étranger.
XIV-
Le Travail
Le
gouvernement tentera de nouer des relations étroites entre
les travailleurs et les employeurs, d’instaurer un climat
propice à l’amélioration de la compétence et de la
productivité des partenaires sociaux, de promouvoir et de généraliser
la formation et l’orientation professionnelles et de guider
les jeunes vers la spécialisation dans les domaines et les
professions dont le marché du travail a besoin au présent et
à l’avenir.
Le
gouvernement oeuvrera également pour encourager la formation
professionnelle urgente dans les régions éloignées en vue
de créer des emplois pour les jeunes dans leurs régions et
de limiter l’exode rural de la main d’œuvre.
En
ce qui concerne l’action syndicale, le gouvernement
s’efforcera de consacrer et de sauvegarder les libertés
syndicales, partant du principe que le mouvement syndical doit
être inhérent à un mouvement productif développé qui
consolide la stabilité économique dans le pays et contribue
à la promotion du pouvoir concurrentiel de l’économie
libanaise.
Notre
objectif principal et immédiat est de mettre un terme
à la récession économique, pavant ainsi la voie à une
prochaine étape qui serait, si Dieu le veut, celle de l’amélioration
du rythme de la croissance et de la régression des effets négatifs
engendrés par la stagnation et la récession à tous les
niveaux et dans tous les domaines de l’économie du pays.
Il
est urgent de changer le climat de récession et de pessimisme
ceci ne pouvant se faire sans la libération de tous les
canaux et débouchés du travail financier, économique et de
construction et sans le lancement du processus de développement
et de modernisation. Le gouvernement compte retirer le budget
afin de soumettre à l’assemblée un budget qui reflète
cette orientation.
Afin
de surmonter la situation pénible et d’édifier l’avenir
espéré, nous comptons sur le potentiel du peuple libanais,
sur la confiance que placent les Libanais en eux-mêmes, en
leur société et leur patrie et celle qu’ils accordent à
leur Etat et leur régime politique.
Monsieur
le Président, Messieurs les Députés,
Il
est impossible de relever ces défis sans prendre en considération
le rôle de notre pays dans la région et dans le monde.
C’est pourquoi la diplomatie libanaise tentera d’ancrer la
présence du Liban dans la conscience arabe et mondiale et de
promouvoir sa place au sein des organisations et des forums
internationaux.
La
lecture objective des développements dans la région révèle
aujourd’hui qu’Israël campe toujours sur ses positions et
refuse de s’engager à l’application des résolutions
internationales visant à instaurer une paix juste et globale ;
bien plus, il continue toujours de faire fi des conventions
qu’il a signées et tente d’imposer ses propres
conditions. C’est pourquoi le Liban se doit d’être prêt
à relever les défis de la prochaine étape et de surmonter
les répercussions des évenements de la région. Ceci exige
que nous formions une véritable unité nationale, que nous
placions les intérêts nationaux, le sort et l’avenir du
pays au-dessus de tout, que nous consolidions, plus que
jamais, l’alliance, la coopération et la solidarité avec
la Syrie et que nous promouvions la confiance entre les deux
pays. Nous sommes pleinement confiants que l’expérience
libano-syrienne dans la coopération et la coordination
durables a donné naissance à l’exploit le plus important
au cours du chapitre précédent de l’histoire régionale,
à savoir la défaite d’Israël qui a été obligé de
s’engager aux résolutions internationales et de se retirer
du territoire libanais. En outre, cette expérience a prouvé
la justesse et la profondeur de sa position quant au conflit
israélo-arabe et la façon dont elle a mené la bataille
contre Israël.
Bien
que la libération ait abouti au retrait israélien de la
plupart des terres libanaises occupées,
il n’en demeure pas moins qu’une certaine partie du
territoire est toujours occupée et doit être récupérée,
qu’il est des prisonniers dans les geôles israéliennes qui
doivent être libérés et qu’il est urgent de résoudre la
question de la présence palestinienne au Liban dans le sens
du refus de l’implantation et de la reconnaissance du droit
de retour des Palestiniens à leur patrie.
En
vue de réaliser ces objectifs, le Liban a toujours besoin du
soutien de la Syrie et de son armée dont la présence sur le
territoire libanaise est nécessaire, légale et temporaire ;
un soutien dicté et défini par les besoins stratégiques
convenus par les deux Etats conformément aux développements
et aux données disponibles. Nous affirmons, d’autre part,
que la souveraineté et l’indépendance sont deux éléments
essentiels sur lesquels s’accordent tous les Libanais. Nous
ne croyons pas qu’il est quelqu’un au Liban qui veuille
saper l’un de ces deux principes ou qui y soit plus attaché
que les autres. C’est pourquoi il convient de consolider la
confiance entre les Libanais et leur union sur la base des
constantes et des objectifs nationaux. En outre, une confiance
solide entre le Liban et la Syrie, bâtie sur la sincérité,
l’honnêteté et la protection des intérêts et des
objectifs communs, est capable de donner aux relations entre
les deux pays leur véritable sens, d’en affermir et d’en
développer les facteurs positifs, d’en relever les défis
et d’en colmater les brèches. C’est dans cet esprit que
nous pourrons débattre nos questions et exposer nos idées,
loin de toute précipitation et émotion.
Sur
ce, le gouvernement réitère son engagement à la Convention
de fraternité, de coopératioon et de coordination entre le
Liban et la Syrie, à laquelle il accordera une attention
particulière et soutenue qui serait à la hauteur des
relations privilégiées et des ambitions communes des deux
peuples frères et qui permettrait aux liens économiques d’être
à la hauteur des relations politiques étant donné que ces
dernières dépassent les limites de la libération pour édifier
un avenir commun entre les deux pays. Ceci serait possible à
travers le développement et l’exécution sérieuse des
clauses de la convention et des accords en annexe visant à
lever toutes les restrictions qui entravent l’instauration
d’un climat propice au développement économique des deux
pays sur base d’une complémentarité équitable, et
notamment en élaborant des projets communs, en encourageant
les investissements, en facilitant le transfert réciproque de
la production et en organisant le transfert des expertises
technologiques et des services de manière à servir l’intérêt
des deux pays frères.
Nous
sommes convaincus qu’il est de vastes horizons pour la coopération
économique entre le Liban et la Syrie qui permettraient
d’ouvrir de nombreuses perspectives aux institutions de
production dans les deux pays en matière de complémentarité
et de spécialisation dans de nouveaux produits et services
plus compétitifs et sur des marchés ouverts et de grande
envergure, de manière à profiter à nous tous.
Quant
au monde arabe, notre gouvernement tient à participer à la
promotion de la solidarité entre les frères et à consolider
les liens et la coopération bilatérale et collective. Il
tient également à soutenir les politiques de coordination et
de coopération économiques en vue de créer un bloc économique
arabe qui, à l’époque des changements, pave la voie à
celle des économies ouvertes et développées.
Le
gouvernement et le peuple libanais appuient le peuple
palestinien qui mène l’Intifada pour la libération de son
territoire, le recouvrement de sa souveraineté et de son unité,
l’édification de son Etat indépendant avec Jérusalem pour
capitale et le retour de ses réfugiés. Notre gouvernement,
condamnant la guerre agressive déclenchée par Israël contre
le peuple palestinien, s’emploiera à restituer aux
Palestiniens leur plein droit de retour à leur patrie, droit
légitime en vertu des pactes internationaux et des résolutions
onusiennes. Le gouvernement restera pleinement attaché au préambule
de notre Constitution qui stipule le refus de
l’implantation, quelqu’en soit le prétexte ou la forme.
Sur
le plan des relations avec l’Europe, notre gouvernement est
déterminée à consolider nos relations avec l’Union Européenne
en tant qu’organisation régionale de poids sur la scène
internationale, notamment en entreprenant des négociations de
partenariat économique. Notre gouvernement s’emploiera à
consolider les relations bilatérales avec les Etats européens
amis et influents en vue de garantir leur soutien au Liban et
à son intégrité territoriale et d’élargir la coopération
culturelle et technologique ainsi que les échanges
commerciaux.
Quant
à la relation avec les superpuissances et les organisations
internationales, le Liban a adopté, au cours des dernières
années, une diplomatie active qui repose sur les visites réciproques,
les conventions bilatérales et le maintien du rythme des
contacts avec les institutions internationales et régionales,
et spécialement avec le Secrétariat général des Nations
Unies. Ceci a permis au Liban de redorer son blason, de récupérer
sa place au sein des forums internationaux, de jouir, à
maintes reprises, d’un solide soutien, face à l’agression
israélienne, destiné à faire appliquer les résolutions
internationales, et de bénéficier d’aides visant à l’épauler
dans la reconstruction et le redressement économique.
Le
gouvernement est déterminé à relancer l’activité des
ambassades libanaises à l’étranger afin de consolider les
liens entre le Liban et la diaspora libanaise. Il oeuvrera également
pour aider les émigrés libanais à resserrer leurs rangs
dans leur pays d’adoption, à proumouvoir leur coopération
et leur confiance mutuelle, à mettre leurs potentiels au
service des causes nationales, et en particulier celle de la
libération, à créer des opportunités d’investissement,
à encourager le placement des capitaux et à toujours
soutenir les causes libanaises et arabes auprès des grands
pays et des institutions internationales et régionales.
Monsieur
le Président,
Messieurs
et Mesdames les Députés,
Pour
avoir confiance dans le pays, il faut, tout d’abord, avoir
confiance en nous-mêmes, en notre peuple, en le régime
politique et en notre capacité à relever les défis. Ce
gouvernement qui s’adresse à votre auguste assemblée porte
l’étendard de la restauration de la confiance du citoyen en
l’Etat et en le système politique, démocratique et
parlementaire ; une confiance dont nous avons besoin et
que nous réclamons en vue de compléter la libération, de
reconstruire les régions libérées et de les intégrer au
processus de développement national, de relever les grands défis
à l’époque des changements et au début du 21ème
siècle, à savoir ceux du développement et de la
modernisation, de la reconstruction humaine, du développement
durable et global, du pouvoir concurrentiel, et de la
distinction et du progrès dans la région arabe, voire le
monde tout entier.
Ce
gouvernement a été formé grâce à la coopération continue
et constructive avec le Président de la République. Nous
avons voulu que ce cabinet représente la majorité des
courants et des catégories politiques et régionales. Par
conséquent, notre souhait est qu’il jouisse du soutien de
tous les Libanais et que notre travail soit digne de votre
confiance.
Notre
gouvernement, présent devant votre Chambre, s’engage à la
coopération et à la solidarité. Sur ce, et en vertu de la
Constitution et des coutumes, le gouvernement réclame
aujourd’hui la confiance de cette honorable assemblée afin
de pouvoir commencer son travail, répondre aux besoins du
peuple libanais, réaliser ses ambitions, relever les défis
et assumer les responsabilités nationales qui incombent à la
Chambre et au gouvernement.
Vive
le Liban !
Beyrouth
le jeudi 2 novembre 2000
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