Déclaration Ministérielle

 

Monsieur le Président

Messieurs et Mesdames les Députés

 Notre gouvernement fait son départ aujourd’hui alors que le Liban témoigne de la réalisation la plus importante de son histoire, à savoir la victoire de la résistance libanaise. Une résistance qui a été menée par tous les Libanais contre l’agression et l’occupation israélienne et qui a contraint l’occupant à se retirer de nos territoires, tout en reconnaissant sa défaite.

Tout d’abord, le gouvernement applaudit la résistance et l’endurance du peuple libanais en général et des habitants du Liban-Sud et de la Bekaa-Ouest en particulier, qui ont beaucoup souffert et ont fait d’innombrables sacrifices pendant les deux dernières décennies.

Le gouvernement confirme en effet l’attention particulière qu’il accordera à cette population pour compenser leur longue souffrance au niveau du développement et de l’économie, tout en essayant de compenser les chances ratées et les lourdes pertes dues à l’occupation. Le gouvernement insiste aussi sur la poursuite du dossier des indemnités de guerre imposées à Israël par la communauté internationale et les institutions internationales. L’un des principaux objectifs du gouvernement sera de maintenir cette réalisation de la résistance par son exploitation à tous les niveaux, tout en mettant l’accent sur l’attitude abusive d’Israël qui continue à occuper les hameaux de Chébaa, maintient les otages libanais dans ses geôles, occupe toujours le Golan, ne reconnaît point les droits du peuple Palestinien dont notamment son droit de retour et exerce toutes les formes d’injustice à l’égard de ce peuple. Cette attitude israélienne est en effet à la base des perspectives d’escalade dans la région.

Aussi, notre gouvernement s’intéresse-t-il à travailler avec la  profonde conviction que notre victoire au Sud est une victoire de tous les Arabes et le fruit d’une résistance libano-syrienne reflétant la concomitance de la position et du sort et la lutte commune contre les attaques israéliennes et les séquelles de ces attaques.

Notre gouvernement confirme que la prochaine phase traduira sur le terrain le principe du sort commun et de la concomitance des volets libanais et syrien, dans le cadre de deux Etats indépendants et souverains. En vertu de ce même principe, la poursuite de la libération du territoire et des otages libanais sera assurée, le refus de l’implantation palestinienne appuyé et le droit inhérent au retour des palestiniens confirmé. Ce principe contribuera également à consolider la position arabe et à promouvoir l’action arabe commune face à Israël, notamment sous l’héroïque Intifada palestinienne et à la lumière d’une position arabe ferme. Quant au processus de paix, loin d’être dicté par les israéliens, il consiste à mettre en application les résolutions internationales et le droit international. Cette position ne saurait régresser face aux menaces israéliennes. Exemplaire dans sa résistance, le Liban le sera aussi dans son action pour la paix juste, durable et globale, basée sur la poursuite du retrait israélien des territoires libanais, la restitution du Golan et le recouvrement par le peuple palestinien de ses droits conformément aux résolutions des Nations Unies. Le Liban recherchera perpétuellement la paix, dans le cadre des constantes nationales, malgré les intransigeances israéliennes et les perspectives de paix qui semblent médiocres présentement. Le pays, à la superficie limitée et aux sacrifices énormes, saurait compter sur sa résistance pour faire face à l’occupation. Il est par ailleurs pleinement déterminé à contribuer à l’instauration de la paix juste, durable et globale dans la région. Cette paix demeure un objectif stratégique que nous tenons à atteindre en coopérant étroitement avec nos frères arabes et  nos voisins de par le monde.

Toujours est-il que notre gouvernement qui aspire à la paix nationale et régionale ne va nullement en attendre la réalisation pour entamer les réformes politique, administrative, économique et sociale requises, en vue de relancer l’économie, de juguler progressivement la crise sociale et de mettre bon ordre à la situation intérieure. Le Gouvernement s’attellera désormais à atteindre ces objectifs pour permettre au Liban, une fois l’heure de la paix venue, d’entamer cette nouvelle  période, fort, sain et capable de relever ses défis et d’en récolter les fruits. Si cette heure tarde pourtant à venir, le pays aurait déjà acquis l’immunité nécessaire.

La composition de ce cabinet reflète les aspirations et souhaits exprimés par le peuple libanais lors des dernières législatives et qui nous guident dans la promotion des libertés publiques, l’élargissement de la participation populaire, l’approfondissement de l’exercice démocratique et la résorption de la crise socio-économique qui incombe aux Libanais, tout en aspirant à un meilleur avenir.

Cet avenir signifie à nos yeux la promotion des principes nationaux intangibles de la souveraineté, de l’indépendance et de la démocratie ; la consolidation du dialogue et de l’interaction sous toutes leurs formes ; l’adoption de la modernité active et productive sans pour autant renier le patrimoine ; la modernisation des législations et des institutions afin de suivre les évolutions de la conjoncture actuelle et de hisser notre pays à la position qu’il mérite sur le plan régional et international en partant de notre engagement aux principes du régime démocratique basé sur le respect de la volonté du peuple, des institutions constitutionnelles et de l’intérêt public dans l’élaboration des législations et réglementations.

Ce régime se fonde de même sur une justice intègre, une administration efficace, une convergence permanente des aspirations de la société civile et des politiques étatiques de manière à consolider la stabilité politique, à aboutir au développement équilibré des régions libanaises et à rétablir la confiance entre les Libanais.

Notre Gouvernement vise à raffermir la confiance des citoyens dans l’Etat et le système politiques tout en se servant des principes, des politiques et des pratiques ayant à leur base :

I. L’entente nationale et la poursuite du retour des déplacés :

Le Gouvernement, ci-présent devant votre Assemblée se pose pour objectif le rétablissement de la confiance dans l’Etat et le régime, au travers de la promotion de l’entente nationale et du développement.

Au cours des dix dernières années, le Liban a vécu une nouvelle période de construction sociale et politique inspirée du document de l’entente nationale et de la constitution qui en découle. Mais la vie politique a été, en même temps, marquée par de nombreux débats et polémiques politiques ayant trait à certaines clauses de la constitution, à la séparation des pouvoirs, à l’équilibre politique et de développement et aux lois électorales.

Ces débats sont un phénomène tout à fait naturel au sein d’un régime démocratique ouvert tel celui instauré au Liban et qui fait partie de la tradition libanaise que préconise une large participation populaire.

Notre Gouvernement veille à aborder les questions inspirées par l’entente et à les appliquer conformément à la constitution, au sein des institutions constitutionnelles, par des initiatives de dialogue, de manière à trouver des solutions qui respectent l’entente nationale, les principes des libertés, des institutions et de l’équilibre qui nous ont assuré la stabilité et la prospérité.

Le Gouvernement s’engage alors à faire une priorité absolue du problème des déplacés, en consolidant les réconciliations accomplies et en comblant les lacunes en la matière après avoir éliminer les obstacles administratifs, octroyer les indemnités équitables à ceux qui les méritent au travers des crédits décrétés par votre Assemblée et paver la voie au retour effectif, permanent et productif des déplacés par une étroite collaboration entre le ministère compétent et les autres ministères  concernés et pertinents qui ont été créés à ce sujet.

Au cours des dix dernières années, l’expérience a révélé que le peuple libanais peut, par sa volonté d’entente et de vie commune,  surmonter, voire résoudre les problèmes aussi énormes soient-ils. Il faut donc relever le défi qui consiste à adapter les institutions représentatives et constitutionnelles à cette même volonté, afin de garantir l’union et la solidarité nationale, de protéger les intérêts nationaux et d’assurer notamment une représentation convenable de toute les classes des Libanais.

II.  La Souveraineté légale et la protection du citoyen :

L’expérience des Libanais a révélé que le redressement de la situation locale et la sauvegarde des droits et des libertés du citoyen ne se font  que dans un Etat de droit. Le Gouvernement tient à construite un Etat dont les dirigeants et les citoyens seront, par leur attitude et leur acte, également soumis à des règles claires, nettes et évidentes stipulées par la loi et conformes aux droits fondamentaux de l’homme.

Dans ses premiers articles, la constitution libanaise a confirmé les droits fondamentaux du citoyen  en stipulant que les libertés publiques sont protégées par la loi et qu’il est interdit d’arrêter, d’emprisonner ou de séquestrer quiconque qu’en vertu d’un décret de loi.

Le Gouvernement mettra en application cette base constitutionnelle en restructurant le système judiciaire et en améliorant le secteur de la police  judiciaire. Il va également soumettre à l’Assemblée un projet de loi pour  définir les cas où le juge peut avoir recours à l’arrestation préventive, tout en fixant un plafond à la durée de l’arrestation compte tenu des exigences de l’enquête pour dévoiler les crimes d’une part et sauvegarder les droits, les libertés et la dignité du citoyen d’autre part. Tout ce, en partant du principe que toute mesure qui entrave la liberté est une exception à la règle générale qui  consiste à considérer tout individu innocent jusqu’à preuve du contraire. Il en découle que la personne soumise à une arrestation préventive et à qui un jugement a été refusé a droit à des dommages- intérêts.

Conscient de l’importance de la justice dans un état de droit, le gouvernement lui accordera une attention particulière afin d’en promouvoir l’autonomie.

Il est donc crucial de passer en revue certaines législations en vigueur pour assurer une plus grande autonomie de l’action judiciaire, infliger des sanctions sévères à quinconque intervient dans la pratique des magistrats et consolider la validité de l’inspection judiciaire pour supprimer les anomalies.

III. Les média et libertés : Un rôle libanais distingué

La liberté et la démocratie se trouvent à la base de notre système politique et font le particularisme libanais.

Pour sauvegarder et développer ces deux aspects fondamentaux du pays, le Gouvernement confirme sa détermination à garantir les libertés médiatiques et le dialogue nationale démocratique entre tous les libanais.

Le secteur médiatique, dont notamment l’audiovisuel, s’est considérablement développé au cours des dernières années.

Cette évolution se montre constante grâce à la révolution du monde de télécommunication, d’où la nécessité d’améliorer la réglementation et la législation au Liban. Le Gouvernement vise ainsi à développer et activer les médias publics et privés, pour que leur rôle se manifeste sur le plan local et régional par la diffusion par satellite en reflétant l’image véritable du Liban comme foyer de la liberté, du dialogue, de la diversité, de la culture qui est en interaction  avec d’autres cultures, et de la civilisation ouverte à toutes les civilisations, et comme un exemple de solidarité et de libération.

Au secteur de l’information s’ajoute celui de la publicité qui, revêtant d’une importance particulière, a atteint un haut niveau d’évolution, a attiré  bon nombre des jeunes  libanais et s’est  élargi avec la diffusion par satellite qui couvrent les différentes chaînes satellitaires présentes.

La diffusion par satellite, les relations publiques et la publicité ont assigné au Liban un plus grand rôle sur ce marché en développement au niveau régional et international. Il est donc evident de se concentrer sur ce secteur, d’encourager les démarches assurant son succès, de lui accorder, autant que possible, la plus grande marge de manœuvre, d’éviter tout ce qui puisse lui porter atteinte ou réduire sa liberté, sa croissance rapide ou l’accroissement de sa part de marché au niveau des pays arabes et du monde entier. Ce secteur fait désormais partie de l’économie nationale moderne. Il regroupe des créateurs et des producteurs hautement expérimentés et qualifiés qui occupent aujourd’hui des postes importants dans le monde.

 

L’ancien Gouvernement a soumis un projet de loi pour édifier la cité médiatique. Cette loi avangardiste s’annonce utile à l’économie nationale dans son passage au vingt-et-unième siècle. Mais notre Gouvernement compte retirer ce projet de loi pour y apporter quelques amendements de façon à le rendre conforme à son idée, compte tenu des expériences effectuées par d’autres pays dans ce domaine.

IV. L’intérêt aux Jeunes.

Vu le rôle important de la jeunesse et des sports, un ministère spécial a été créé à cet effet. Notre Gouvernement va assurer à ce ministère un départ en force pour attirer tous les jeunes libanais et encourager les initiatives visant à promouvoir le dialogue entre eux, à développer le sens du patriotisme les unifiant, à profiter de leurs capacités et de leurs expériences, à assurer le climat propice à leur participation effective à élaborer la décision nationale et à construire un avenir prospère. Car enfin, la jeunesse est le nerf de la société civile libanaise et le pilier du progrès et de la prospérité. 

 il est de leur droit de participer à la vie publique et de notre devoir, en tant que ministres et parlementaires, de porter un intérêt particulier à leurs problèmes afin qu’ils puissent accéder au siècle de la connaissance, et d’adopter les lois nécessaires à cet égard.

Les jeunes libanais, sous l’effet de la crise socio-économique aiguë qui frappe le pays, font face à une crise de chômage qui entraîne une migration dangereuse qui vide le pays de ses compétences et des nouvelles spécialisations attirées par les debouchés à l’extérieur. Pour ce, le Gouvernement cherche à relancer l’économie, promouvoir la croissance pour créer de nouveaux emplois aux jeunes et permettre au Liban de profiter des capacités de ces forces.

Les Libanais, dont notamment bon nombre de jeunes, accordent une importance particulière aux sports qui se sont largement développés et ont contribué à offrir une bonne image du Liban grâce aux résultats de nos divers sportifs, dans différents domaines, sur la scène locale, régionale et internationale. Le Gouvernement tient donc à développer les sports, à paver la voie de sa modernisation  à lancer les initiatives pour améliorer son rôle, puis à activer le rôle des syndicats, associations et divers organismes concernés.

V. Le rôle de la femme :

Conscient du rôle primordial de la femme libanaise dans le développement de la société, le Gouvernement va promouvoir sa participation à la vie publique et économique en :

1-     Lui assurant l’égalité des chances dans les secteurs publics et privés,

2-     Sauvegardant ses droits par le biais des lois et législations qui lui permettent de remplir parfaitement son rôle.

VI. Renforcer le rôle des associations civiles

Notre gouvernement confirme sa résolution à activer le rôle des associations civiles et des organisations non gouvernementales pour que les capacités et le potentiel de ces dernières viennent compléter  le potentiel du gouvernement afin de bâtir une patrie solide et saine.

VII. La culture 

La culture est le premier capital du Liban. Notre objectif consiste à mener le pays à contribuer efficacement à l’économie de la culture  qui est devenu le secteur économique le plus rapide et par conséquent à assurer la liberté de transfert des informations, l’investissement dans le facteur humain et la mise à profit de la diaspora libanaise dans les pays d’émigration.

   Au niveau culturel, notre gouvernement cherchera à décréter une loi actuelle pour restructurer le ministère concerné, réhabiliter les sites historiques qui font la fierté du Liban, renforcer le tourisme culturel et veiller à ce que le prochain sommet des pays francophones qui aura lieu au Liban l’année prochaine, soit un événement mondial mémorable et contribue à consolider les relations politiques, économiques et culturelles du Liban avec plus de cinquante nations. Sachant que le Liban avec sa compétence et les talents de ses habitants est capable de briller dans le ciel de la culture arabe à laquelle il appartient et à qui il a apporté une contribution qualitative au cours de son développement. Notre gouvernement veillera à encourager la créativité artistique et intellectuelle au niveau du dessin, de la sculpture, du théâtre et de la musique et en particulier l’édition du livre et son exportation et la production télévisée pour que le Liban récupère sa place de pionnier au sein de la culture arabe actuelle. Comme la liberté de pensée et d’expression est garantie par la Constitution et la Législation, une des missions du gouvernement consiste à encourager la diffusion des œuvres de nos écrivains et artistes pour qu’ils soient accessibles aux habitants de la région et du monde entier ce qui profiterait à l’image du Liban et à l’économie nationale.

Monsieur le Premier Ministre, Messieurs et Mesdames les Députés

Le pays traverse une crise économique et sociale engendrée par le ralentissement de la croissance, l’établissement d’une période de récession, l’augmentation du taux de chômage, le déficit budgétaire et l’accroissement de la dette publique.

Les expériences précédentes ont confirmé la difficulté de réduire  les dépenses publiques constituées en grande partie par les dépenses du service de cette dette et les salaires des employés du gouvernement. Cependant, cette vérité ne doit pas nous empêcher d’établir un plan à long terme pour orienter les dépenses et les réduire dans les secteurs possibles. A la lumière de ces faits, le gouvernement compte limiter  l’augmentation des dépenses aux secteurs nécessaires et surtout ceux qui contribuent et visent à activer l’économie et stimuler la croissance tout en préservant le niveau des services sociaux.

A partir de ces vérités, aborder le problème du déficit budgétaire reviendrait à activer le  cycle de l’économie, réaliser une croissance continue et améliorer la collecte ce qui mènerait à augmenter les recettes du Trésor et à réduire progressivement les taux et montants du déficit du budget.

En conséquence, nous croyons que les politiques de stimulation de la croissance constituent les moyens les plus lucratifs pour résoudre le problème du déficit car la croissance permettrait à l’Etat de réserver au Trésor une plus grande partie du Produit National Brut sans pour autant affecter le niveau du revenu des citoyens et sans faire appel à une augmentation des taux d’imposition fiscale.

Le gouvernement aura recours à une série de politiques, de projets de lois, de mesures de stimulation du secteur privé et d’encouragement de ses initiatives et par conséquent  à la réalisation de la croissance continue de l’économie nationale dont les aspects les plus importants sont les suivants :

1-     Mettre en place de nouveaux projets de lois qui contribueraient à préparer un climat favorable à l’investissement.

2-     Faire démarrer les projets gelés ou qui ont subit un ralentissement dans le rythme de leur travail et qui disposent de ressources provenant de prêts aisés.

3-     Veiller à consolider la confiance dans le présent et l’avenir de l’économie libanaise, y compris la commercialisation et la promotion des marchandises et services libanais au niveau local et international, auprès de nos partenaires commerciaux à l’étranger.

4-     Adopter les politiques qui visent à instaurer une plus grande ouverture dans l’économie libanaise, ce qui englobe aussi le recours à la politique du ciel ouvert, la tendance à faciliter l’obtention de visas pour entrer au Liban, l’adoption de mesures qui viseraient à réduire les barrières douanières et supprimer les obstacles non-douaniers.

5-     Faciliter les mesures administratives, accélérer les procédures et éviter la routine administrative.

6-     Chercher à baisser certains tarifs, impôts et taxes de communications ce qui mènerait à une plus grande stimulation de l’économie.

7-     S’efforcer à conclure un plus grand nombre d’accords avec les groupes économiques arabes et européens et l’Organisation Mondiale du Commerce.

8-     Tenter d’améliorer la collecte des droits du Trésor.

9-     Adopter le principe de la privatisation des projets et secteurs dont la privatisation profiterait à l’économie et aux citoyens et utiliser les bénéfices pour réduire la dette publique.

10-  Confirmer les principes fondamentaux de l’économie libanaise, la stabilité législative et veiller à ce que l’état accomplisse ses devoirs, respecte ses engagements et tienne ses promesses.

11-  Accorder des récompenses et certaines exonérations aux entreprises dont les produits et les services obtiennent une classification issue des autorités internationales concernées ( ex : ISO)

Le plus grand défi que le Liban envisage à l’avenir, c’est la stimulation de son économie de libre échange pour qu’elle puisse devenir une économie concurrentielle qui viserait à développer le potentiel des libanais, leur compétence et leur productivité dans le cadre des nouvelles lignes directives de l’économie, assurer une augmentation de l’emploi et améliorer le niveau de vie des citoyens par le biais d’un développement équilibré et général.

Les citoyens s’attendent à ce que nous relevions ces défis. Certains, sous la pression de la dure situation économique et sociale, pourraient aller jusqu’à  croire que notre gouvernement trouverait des solutions magiques qui changeraient radicalement la réalité économique et sociale. Comme notre gouvernement n’est pas en mesure de lancer des promesses trop optimistes qui s’adresseraient au public et à votre assemblée nous nous engageons devant vous et devant le peuple libanais à tenter d’affronter la crise et à déployer tous les efforts pour la surmonter selon les principes suivants :

   I . Continuer à préserver l’équilibre monétaire et financier qui a prouvé au cours des dernières années qu’il était et demeure l’une des bases les plus importantes de la stabilité sociale et économique.

   II . Poursuivre la construction et le redressement économique pour stimuler la croissance selon un rythme en harmonie avec les capacités de l’état et la confiance dans le potentiel considérable du peuple libanais par l’utilisation des fonds et accords signés avec les institutions internationales et les pays amis.

   III. La privatisation: La privatisation est une des politiques que nous nous engagions à adopter pour stimuler la croissance et réaliser des profits économiques par une administration plus efficace, un meilleur service et un moindre coût des secteurs qui seraient privatisés. Cette opération permettrait de lancer la liberté d’initiative à une grande échelle et de profiter des expériences internationales similaires qui s’étendent sur deux décades. Ces expériences nous invitent à tirer beaucoup de leçons. Le succès de la privatisation suppose la prise en considération de la nature du secteur susceptible d’être privatisé pour choisir la méthode adéquate pour appliquer cette privatisation. La privatisation a prouvé son efficacité dans les secteurs concurrentiels comme la vente directe à des investisseurs stratégiques selon des conditions spécifiques fixées par l’état en plus de la vente au public, la transformation de certains établissements en sociétés par actions où le secteur privé pourrait participer à pourcentage variable, les concessions dans les secteurs qui profitent d’un monopole, le B.O.T et les opérations similaires dans les nouveaux domaines économiques qui nécessitent des capitaux énormes et auxquelles les libanais résidents et émigrés participeraient. Toutes ces opérations devraient s’effectuer dans un cadre qui veillerait à éviter la domination et le monopole et par le moyen d’un mécanisme efficace pour contrôler les secteurs sujets à la privatisation.

   IV. Soutenir le secteur privé, l’encourager, le stimuler, étendre son activité, créer de nouveaux emplois,  faciliter l’investissement par le profit et la construction par les caractéristiques fondamentales et les capacités concurrentielles de l’économie libanaise fondée sur l’encouragement de l’initiative individuelle et les garanties légales de la propriété ; orienter les tendances vers une économie de connaissance et consolider la stabilité législative et fiscale.

Le gouvernement compte poursuivre la mise en vigueur de climats fiscaux, douaniers, législatifs et administratifs susceptibles d’encourager l’investissement dans les différents secteurs productifs et envisager de conclure un accord de Partenariat Euro-Méditerranéen et d’adhérer à l’Organisation Mondiale de Commerce. Il compte aussi poursuivre la conclusion d’accords bilatéraux et collectifs avec les pays arabes, les zones franches et les zones industrielles et soutenir les PME, les entreprises de l’industrie de développement et les projets d’économie et de technologies modernes pour les jeunes compétences.

   V. Tenter de résoudre le problème chronique dont souffre l’administration et chercher à le contrôler, le simplifier, le minimiser  et le développer par la modernisation, l’actualisation, la mécanisation et la formation . Il faudrait veiller aussi à augmenter sa productivité en stimulant le développement administratif, en activant le rôle des organismes de la réforme administrative, des organes de contrôle, de l’administration des recherches et de l’orientation et à confirmer sa coopération.

  La réussite d’un  programme gouvernemental est tributaire de l’existence d‘une administration moderne et développée dotée d’une compétence et d’une efficacité élevées par des programmes de formations spécialisées et continues qui fonctionnent en s’inspirant de l’esprit du siècle et de ses rapides mutations. Cette administration devrait être consciente que sa raison d’être  est le service du citoyen, les besoins du progrès de l’économie et du développement et l’amélioration du niveau d’efficacité et de compétence. Elle devrait accepter la critique positive et l’évaluation en fonction des critères de production, de compétence et du niveau de la performance et sa qualité.

  Les expériences passées ont prouvé que l’implantation d’une telle administration exige un plan explicite, un travail continu et une longue période. Elle est aussi sujette aux convictions, à la contribution de tous les pouvoirs politiques et leur coopération pour atteindre cet objectif.

  Notre gouvernement soumettra donc des projets de lois et des législations à votre Assemblée et vous invite à les examiner et les adopter. Ces projets de lois porterons sur plusieurs de domaines, nous en citerons les suivants :

A-    L’amendement des clauses de la loi de comptabilité publique en vue de simplifier et d’accélérer les procédures administratives et stimuler la comptabilité en fonction de la performance.

B-     L’amendement des clauses du système des adjudications pour les simplifier à         l’instar de la majorité des pays du monde, ce qui mènerait à simplifier et contrôler les opérations d’adjudication et à améliorer leurs conditions et leurs résultats.

C-    L’amendement des clauses de la loi commerciale pour encourager l’investissement local et international afin que cette loi puisse suivre les progrès et les mutations des technologies, des moyens de communication et le commerce électronique ce qui mènerait à la consolidation de la place du Liban dans les échanges commerciaux au niveau international.

D-    Améliorer la loi des municipalités et consolider leur prérogative, à partir de notre foi en la démocratie locale et offrir ainsi aux citoyens le moyen de participer à la décision municipale et nationale à tous les niveaux par la pratique et l’évaluation.

E-     L’amendement de la législation douanière afin que les douanes puissent offrir des services modernes, rapides et efficaces qui contribueraient à activer le marché local, à réduire le coût des marchandises et des différents services et par conséquent à renforcer le pouvoir concurrentiel des entreprises du secteur privé.

F-     Elaboration d’ une législation moderne pour organiser le Transit  et l’encourager.

G-    Amendement de certaines clauses de la loi de construction pour simplifier et donner plus d’efficacité au travail des investisseurs dans ce secteur vital.

H-    Amendement de certaines clauses de la Sécurité Sociale en vue de réduire les tarifs et redéfinir ses fonctions, ses méthodes d’administration ainsi que les secteurs et les domaines qu’elle couvre. Cette opération mènerait à la réduction du coût de l’emploi au Liban et encouragerait l’emploi sans pour autant affecter les avantages et les services offerts aux employés et aux salariés.

I-       Elaboration d’une loi sur le loyer qui rendrait justice au propriétaire et au locataire.

J-       Organiser et activer l’hospitalisation publique. Conformément au plan de redressement, les cabinets précédents ont veillé à moderniser les hôpitaux et les hospices et à implanter de nouveaux hôpitaux et hospices. Ce plan est sur le point de s’achever. Il faudrait désormais se concentrer sur le fonctionnement de ces hôpitaux avec compétence. L’hospitalisation a toujours été un sujet crucial mais au cours de cette période de crise économique il est devenu encore plus vital. Une action sérieuse et responsable est nécessaire pour offrir aux citoyens des services médicaux de large envergure et avec une efficacité telle que le coût en serait réduit.                                                                                    L’augmentation de la facture de l’hospitalisation, des services médicaux et des médicaments qui a atteint des taux élevés au cours des années précédentes et en l’absence d’une amélioration relative de la qualité de la couverture médicale des citoyens et des principes de la santé préventive nécessite aujourd’hui une solution rapide. Nous envisageons la nécessité de prendre une décision audacieuse pour tirer le secteur de la santé du cycle des épreuves de force pour garantir l’objectivité du traitement. Le Ministère de la Santé serait alors le parti concerné par la Santé et la planification de l’avenir, en  attendant d’adopter les moyens et les méthodes susceptibles d’assurer un meilleur niveau de couverture pour les citoyens et une plus grande part de compétence et d’efficacité au niveau des ressources humaines affectées à ce secteur.

K-    Affermir le pouvoir concurrentiel du Liban dans le secteur de l’informatique par la remise en question des lois existantes et leur développement  pour qu’elles soient conformes aux critères internationaux, par la modernisation de l’infrastructure des communications et de l’informatique et leur développement ainsi que la remise en question du coût d’utilisation. Ceci en plus de la consolidation de l’engagement du Liban vis à vis des principes de la protection de la propriété intellectuelle ce qui attirerait les compétences au Liban et encouragerait leur implantation. Le Liban serait un point de départ via les pays de la région. 

VI. L’Agriculture et l’Industrialisation Agricole

En dépit du grand nombre de citoyens actifs dans le domaine de l’agriculture, le taux de participation de ce secteur au produit national brut est en perpétuelle régression en raison de trois facteurs : la rareté de l’investissement dans la modernisation agricole et la diversification des récoltes, l’incapacité concurrentielle de la production agricole libanaise et la rareté de l’investissement dans l’industrialisation alimentaire.

Le gouvernement est déterminé à résoudre le problème de l’irrigation, à encourager l’industrialisation dans le secteur agricole ainsi que dans les autres domaines et à rechercher des marchés existants ou émergeants pour les produits agricoles libanais, et ce à travers la coopération économique avec les frères syriens, notamment en matière de spécialisation dans des récoltes spécifiques, de façon à profiter aux deux pays frères. Le gouvernement vise également à promouvoir la vulgarisation agricole et les cultures de substitution, et à encourager les cultures de rapport. Il oeuvrera pour l’affectation des fonds nécessaires aux exportations agricoles.

La richesse du Liban en eau fait partie intégrante de sa richesse nationale. Par conséquent, il est nécessaire de la développer, de la protéger, d’élaborer une stratégie visant à la fructifier et d’en profiter à travers les démarches suivantes :

1-     Sauvegarder, promouvoir et protéger les eaux souterraines contre la pollution.

2-     Mettre au point des projets destinés à utiliser les eaux de surface tels que les digues et les lacs, compléter le projet du Litani et exécuter ces projets avec les meilleurs moyens, et ce dans le cadre des protocoles sur le transfert aisé conclus avec les Etats et les institutions frères.

3-      Mettre au point une gestion moderne afin d’utiliser l’eau et de rationaliser son utilisation,  et  coopérer avec le Ministère de l’Environnement à cette fin.

4-      Elaborer un plan visant à élargir et à moderniser les réseaux hydrauliques dans le cadre de la coopération avec le secteur privé afin d’approvisionner toutes les régions et tous les quartiers libanais en eau.

VII. La Politique de l’Habitat

Le gouvernement est déterminé à continuer de soutenir la politique de l’Habitat de l’Etat, à appliquer la loi relative à l’Institution publique de l’Habitat et à élargir son domaine de compétence de manière à couvrir les nouvelles tranches aux revenus limités. Le gouvernement oeuvrera pour l’élargissement du cadre de la coopération en vue qu’il devienne tripartite, à savoir entre l’Institution publique de l’Habitat, les banques privées et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et ce, dans le but de parvenir à des politiques à long terme concernant l’habitat des classes aux revenus limités.

VIII. L’Education et l’Enseignement

Le dossier de l’enseignement, quels que soient ses types et ses niveaux, est d’une priorité absolue sur le plan national. Il est d’une part l’aspect social relatif au coût de l’enseignement, et d’autre part, l’aspect politique relatif au principe d’égalité des chances et de démocratisation de l’enseignement sans oublier l’aspect concernant l’avenir national et le développement durable et global qui repose sur le niveau d’enseignement et de développement de tous les citoyens ainsi que sur leur capacité à capter les changement du siècle et à participer à l’édification de l’avenir avec compétence et aptitude. Le gouvernement accordera l’attention nécessaire aux établissements scolaires publiques afin qu’ils deviennent capables d’accueillir tous nos enfants dont le taux a atteint environ 50%, dans le domaine de l’enseignement publique, en comparaison avec les écoles et les instituts privés.

Le gouvernement est déterminé à réviser la répartition géographique des écoles, au niveau de la concentration et de l’augmentation du nombre à certains niveaux, ainsi qu’à poursuivre l’enquête sur l’application, l’assimilation, la correction et le développement des nouveaux programmes. Il compte examiner la structure de l’administration pédagogique, les problèmes des enseignants quant à la culture, la formation, l’amélioration de la compétence et les moyens d’encouragement et de contrôle.

Le gouvernement accordera une attention particulière à  l’enseignement professionnel et technique de manière à exécuter le plan de construction des instituts techniques et technologiques, les instituts de moyenne et haute technologie. Il vise à promouvoir ses programmes et à classifier ses diplômes de façon que ce plan soit conforme aux besoins quantitatifs et qualitatifs du marché du travail.

Quant à l’Université Libanaise qui joue un rôle prépondérant dans l’édification présente et future du Liban, elle compte près de 60% des universitaires libanais et souffre des mêmes problèmes que les autres institutions pédagogiques.

C’est pourquoi le gouvernement est déterminé à accorder à cette illustre institution nationale un intérêt particulier en votant, en collaboration avec le conseil de l’Université et le Ministère de l’Education, une nouvelle loi qui contribue à élever le niveau de son administration,  de ses enseignants et de ses étudiants. Il tient également à achever la construction de son campus universitaire dont l’exécution a longtemps traîné. Le gouvernement continuera de sauvegarder l’indépendance académique et administrative de l’Université, de lui accorder toutes les formes possibles de soutien en vue de maintenir son statut et son niveau d’enseignement et de moderniser ses facultés, ses laboratoires, ses bibliothèques et ses centres de recherche et d’études pour qu’elle puisse réaliser toutes les espérances au présent et à l’avenir.

IX. L’Environnement

Le gouvernement accorde une grande priorité à l’environnement. Les derniers développements mondiaux ont prouvé que les bonnes décisions sur le plan écologique sont également bonnes sur le plan économique si le critère est la vie des peuples et l’intérêt des générations futures et non pas les calculs et les intérêts momentanés des personnes.

Nous appelons à un état d’alerte écologique au Liban, à un arrêt immédiat de toute destruction écologique et à l’élaboration d’une politique écologique explicite ainsi qu’un programme d’action limité par un calendrier. L’administration écologique que nous préconisons n’est point un annexe aux programmes de développement, mais en constitue une partie organique destinée à résoudre les questions relatives aux sources de pollution de l’air et de l’eau et le chaos dans l’exploitation des terres et l’organisation de l’industrie.

Il est indispensable de créer une institution nationale et scientifique pour l’environnement dont l’objectif serait d’entreprendre des recherches et des études spécialisées ainsi qu’une action normative. Par conséquent, les politiques écologiques nationales deviendraient basées sur des informations fiables au lieu de demeurer des réactions et des premiers secours dont l’effet ne dépasse pas, dans le meilleur des cas, le report du problème ou son transfert d’un endroit à un autre.

La coordination entre le Ministère de l’Environnement et les autres ministères donnera lieu à des solutions permanentes pour les carrières et les sablières et permettra d’exécuter un plan de sensibilisation global qui vise à doter nos générations, de principes écologiques qui reposent sur des programmes médiatiques, scolaires et civils.

Les mesures exécutives de la politique écologique à laquelle nous aspirons ne doivent pas se limiter aux sanctions et à la dissuasion des contrevenants. Il est nécessaire que les motivations constituent une partie essentielle de toute politique moderne de manière à encourager les individus et les institutions à adopter des mesures qui protègent l’environnement en leur accordant le soutien financier et les exonérations fiscales outre le fait d’imposer des impôts et des amendes aux pollueurs.

Nous devons tous, citoyens, dirigeants politiques, intellectuels, industriels et commericaux, œuvrer ensemble pour assurer un environnement sain aux générations futures.

X. Les Travaux Publics et le Transport

Le gouvernement est déterminé à élaborer une nouvelle politique pour l’entretien des routes, en envisageant la possibilité d’en privatiser certaines, de façon à profiter des crédits disponibles par les meilleurs moyens afin d’assurer le meilleur rapport qualité-prix, et ce conformément à une base de données qui adopte le système géographique informatique  en vue de déterminer les exigences de l’entretien, l’étude de faisabilité, la rentabilité de l’entretien et les priorités des travaux.

Dans le domaine de la planification urbaine, le gouvernement s’attellera à l’élaboration d’une politique générale de transport qui tentera de rendre le rôle du secteur public et celui du secteur privé complémentaires en séparant l’élaboration des politiques et la détermination des objectifs de l’organisation et du contrôle d’une part, et du travail d’autre part. Le rôle primordial de l’Etat est d’élaborer la politique, de mettre au point la stratégie et de concrétiser les grandes lignes des cadres réglementaires tout en réduisant le rôle du secteur public dans la mise en marche des moyens de transport. Cela requiert la promulgation de nouvelles législations qui déterminent les organisations non gouvernementales chargées de l’organisation et du contrôle ainsi que leur position.

Au niveau du transport aérien, le gouvernement considère qu’il est nécessaire de suivre le cortège du progrès rapide dans ce secteur en adoptant la politique du ciel ouvert. Le gouvernement oeuvrera pour la création d’un organe spécialisé dans la gestion du secteur de l’aviation civile.

Pour ce qui est du secteur maritime, nous estimons qu’il est nécessaire de planifier les ports commerciaux, touristiques, de pêche et de plaisance tout au long de la côte libanaise.

Quant au transport terrestre, nous oeuvrerons pour transformer le service des chemins de fer et du transport public d’un moteur concurrent dans le secteur en un organisateur du secteur de manière à fonder une société commerciale indépendante qui active les bus du service et à élaborer les décrets réglementaires et opérationnels destinés à restructurer le service conformément à son rôle réglementaire et de contrôle. Le gouvernement s’efforcera de généraliser le transport commun sur tout le territoire libanais, y compris les trains, afin d’activer le cycle économique, de réduire la facture des combustibles et de limiter la pollution écologique.

Dans le domaine du transport des marchandises, nous continuerons de déployer des efforts soutenus en vue de réduire les taxes sur le transport interne et transfrontalier en collaboration avec les pays frères voisins.

XII. Le Tourisme

Le tourisme s’est avéré être une industrie mondiale développée où se concurrencent tous les pays, et qui se base sur une conception moderne du produit touristique qui surpasse désormais le tourisme d’agrément mais penche vers l’investissement de notre richesse culturelle et de notre patrimoine civilisationnel et cognitif. Sur ce, le gouvernement d’efforcera de :

1-     Encourager l’investissement dans le secteur touristique, sauvegarder notre richesse touristique et écologique, adopter les politiques visant à élaborer des législations et des mesures qui contribuent à l’essor du secteur touristique, qui encouragent et facilitent la venue au Liban, qui promeuvent l’information touristique extérieure et élargissent le marché touristique libanais de manière qu’il couvre le tourisme économique et de santé.

2-     Réactiver le rôle du Liban dans les organisations touristiques régionales et internationales, et en particulier au sein de l’Union Arabe pour le Tourisme, l’Union Internationale des Organisations touristiques officielles et l’Union Internationale des Associations d’agences de tourisme et de voyage.

3-     Améliorer le produit touristique, réduire son coût et promouvoir sa compétence en développant le niveau et la qualité de services des employés dans le secteur touristique, tout en assurant leur formation.

4-     Ouvrir de nouveaux marchés et encourager la coopération en matière de commercialisation touristique commune avec les Etats arabes voisins.

XIII. L’Industrie

Le gouvernement, considérant l’industrie comme un secteur porteur, est conscient du rôle qu’elle peut jouer dans le redressement économique, l’augmentation du revenu national et la recherche de nouvelles opportunités de travail qui attireraient les jeunes Libanais et les empêcheraient d’émigrer.

Le gouvernement est déterminé à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un climat favorable à l’investissement dans le but de développer ce secteur.

En outre, il accordera la plus grande attention à la facilitation de la création d’entreprises économiques, tout en insistant sur la réduction du coût de production et l’amélioration de la productivité pour assurer et contribuer au pouvoir concurrentiel.

Il s’efforcera également d’encourager les nouveaux investissements dans le domaine des industries de pointe, en particulier l’industrie informatique et des nouvelles connaissances, d’assurer les marchés extérieurs à ces produits à travers des conventions équitables et le rôle actif des missions libanaises à l’étranger.

XIV- Le Travail

Le gouvernement tentera de nouer des relations étroites entre les travailleurs et les employeurs, d’instaurer un climat propice à l’amélioration de la compétence et de la productivité des partenaires sociaux, de promouvoir et de généraliser la formation et l’orientation professionnelles et de guider les jeunes vers la spécialisation dans les domaines et les professions dont le marché du travail a besoin au présent et à l’avenir.

Le gouvernement oeuvrera également pour encourager la formation professionnelle urgente dans les régions éloignées en vue de créer des emplois pour les jeunes dans leurs régions et de limiter l’exode rural de la main d’œuvre.

En ce qui concerne l’action syndicale, le gouvernement s’efforcera de consacrer et de sauvegarder les libertés syndicales, partant du principe que le mouvement syndical doit être inhérent à un mouvement productif développé qui consolide la stabilité économique dans le pays et contribue à la promotion du pouvoir concurrentiel de l’économie libanaise.

Notre objectif principal et immédiat est de mettre un terme à la récession économique, pavant ainsi la voie à une prochaine étape qui serait, si Dieu le veut, celle de l’amélioration du rythme de la croissance et de la régression des effets négatifs engendrés par la stagnation et la récession à tous les niveaux et dans tous les domaines de l’économie du pays.

Il est urgent de changer le climat de récession et de pessimisme ceci ne pouvant se faire sans la libération de tous les canaux et débouchés du travail financier, économique et de construction et sans le lancement du processus de développement et de modernisation. Le gouvernement compte retirer le budget afin de soumettre à l’assemblée un budget qui reflète cette orientation.

Afin de surmonter la situation pénible et d’édifier l’avenir espéré, nous comptons sur le potentiel du peuple libanais, sur la confiance que placent les Libanais en eux-mêmes, en leur société et leur patrie et celle qu’ils accordent à leur Etat et leur régime politique.

Monsieur le Président, Messieurs les Députés,

Il est impossible de relever ces défis sans prendre en considération le rôle de notre pays dans la région et dans le monde. C’est pourquoi la diplomatie libanaise tentera d’ancrer la présence du Liban dans la conscience arabe et mondiale et de promouvoir sa place au sein des organisations et des forums internationaux.

La lecture objective des développements dans la région révèle aujourd’hui qu’Israël campe toujours sur ses positions et refuse de s’engager à l’application des résolutions internationales visant à instaurer une paix juste et globale ; bien plus, il continue toujours de faire fi des conventions qu’il a signées et tente d’imposer ses propres conditions. C’est pourquoi le Liban se doit d’être prêt à relever les défis de la prochaine étape et de surmonter les répercussions des évenements de la région. Ceci exige que nous formions une véritable unité nationale, que nous placions les intérêts nationaux, le sort et l’avenir du pays au-dessus de tout, que nous consolidions, plus que jamais, l’alliance, la coopération et la solidarité avec la Syrie et que nous promouvions la confiance entre les deux pays. Nous sommes pleinement confiants que l’expérience libano-syrienne dans la coopération et la coordination durables a donné naissance à l’exploit le plus important  au cours du chapitre précédent de l’histoire régionale, à savoir la défaite d’Israël qui a été obligé de s’engager aux résolutions internationales et de se retirer du territoire libanais. En outre, cette expérience a prouvé la justesse et la profondeur de sa position quant au conflit israélo-arabe et la façon dont elle a mené la bataille contre Israël.

Bien que la libération ait abouti au retrait israélien de la plupart des terres libanaises occupées,  il n’en demeure pas moins qu’une certaine partie du territoire est toujours occupée et doit être récupérée, qu’il est des prisonniers dans les geôles israéliennes qui doivent être libérés et qu’il est urgent de résoudre la question de la présence palestinienne au Liban dans le sens du refus de l’implantation et de la reconnaissance du droit de retour des Palestiniens à leur patrie.

En vue de réaliser ces objectifs, le Liban a toujours besoin du soutien de la Syrie et de son armée dont la présence sur le territoire libanaise est nécessaire, légale et temporaire ; un soutien dicté et défini par les besoins stratégiques convenus par les deux Etats conformément aux développements et aux données disponibles. Nous affirmons, d’autre part, que la souveraineté et l’indépendance sont deux éléments essentiels sur lesquels s’accordent tous les Libanais. Nous ne croyons pas qu’il est quelqu’un au Liban qui veuille saper l’un de ces deux principes ou qui y soit plus attaché que les autres. C’est pourquoi il convient de consolider la confiance entre les Libanais et leur union sur la base des constantes et des objectifs nationaux. En outre, une confiance solide entre le Liban et la Syrie, b­âtie sur la sincérité, l’honnêteté et la protection des intérêts et des objectifs communs, est capable de donner aux relations entre les deux pays leur véritable sens, d’en affermir et d’en développer les facteurs positifs, d’en relever les défis et d’en colmater les brèches. C’est dans cet esprit que nous pourrons débattre nos questions et exposer nos idées, loin de toute précipitation et émotion.

Sur ce, le gouvernement réitère son engagement à la Convention de fraternité, de coopératioon et de coordination entre le Liban et la Syrie, à laquelle il accordera une attention particulière et soutenue qui serait à la hauteur des relations privilégiées et des ambitions communes des deux peuples frères et qui permettrait aux liens économiques d’être à la hauteur des relations politiques étant donné que ces dernières dépassent les limites de la libération pour édifier un avenir commun entre les deux pays. Ceci serait possible à travers le développement et l’exécution sérieuse des clauses de la convention et des accords en annexe visant à lever toutes les restrictions qui entravent l’instauration d’un climat propice au développement économique des deux pays sur base d’une complémentarité équitable, et notamment en élaborant des projets communs, en encourageant les investissements, en facilitant le transfert réciproque de la production et en organisant le transfert des expertises technologiques et des services de manière à servir l’intérêt des deux pays frères.

Nous sommes convaincus qu’il est de vastes horizons pour la coopération économique entre le Liban et la Syrie qui permettraient d’ouvrir de nombreuses perspectives aux institutions de production dans les deux pays en matière de complémentarité et de spécialisation dans de nouveaux produits et services plus compétitifs et sur des marchés ouverts et de grande envergure, de manière à profiter à nous tous.

Quant au monde arabe, notre gouvernement tient à participer à la promotion de la solidarité entre les frères et à consolider les liens et la coopération bilatérale et collective. Il tient également à soutenir les politiques de coordination et de coopération économiques en vue de créer un bloc économique arabe qui, à l’époque des changements, pave la voie à celle des économies ouvertes et développées.

Le gouvernement et le peuple libanais appuient le peuple palestinien qui mène l’Intifada pour la libération de son territoire, le recouvrement de sa souveraineté et de son unité, l’édification de son Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale et le retour de ses réfugiés. Notre gouvernement, condamnant la guerre agressive déclenchée par Israël contre le peuple palestinien, s’emploiera à restituer aux Palestiniens leur plein droit de retour à leur patrie, droit légitime en vertu des pactes internationaux et des résolutions onusiennes. Le gouvernement restera pleinement attaché au préambule de notre Constitution qui stipule le refus de l’implantation, quelqu’en soit le prétexte ou la forme.

Sur le plan des relations avec l’Europe, notre gouvernement est déterminée à consolider nos relations avec l’Union Européenne en tant qu’organisation régionale de poids sur la scène internationale, notamment en entreprenant des négociations de partenariat économique. Notre gouvernement s’emploiera à consolider les relations bilatérales avec les Etats européens amis et influents en vue de garantir leur soutien au Liban et à son intégrité territoriale et d’élargir la coopération culturelle et technologique ainsi que les échanges commerciaux.

Quant à la relation avec les superpuissances et les organisations internationales, le Liban a adopté, au cours des dernières années, une diplomatie active qui repose sur les visites réciproques, les conventions bilatérales et le maintien du rythme des contacts avec les institutions internationales et régionales, et spécialement avec le Secrétariat général des Nations Unies. Ceci a permis au Liban de redorer son blason, de récupérer sa place au sein des forums internationaux, de jouir, à maintes reprises, d’un solide soutien, face à l’agression israélienne, destiné à faire appliquer les résolutions internationales, et de bénéficier d’aides visant à l’épauler dans la reconstruction et le redressement économique.

Le gouvernement est déterminé à relancer l’activité des ambassades libanaises à l’étranger afin de consolider les liens entre le Liban et la diaspora libanaise. Il oeuvrera également pour aider les émigrés libanais à resserrer leurs rangs dans leur pays d’adoption, à proumouvoir leur coopération et leur confiance mutuelle, à mettre leurs potentiels au service des causes nationales, et en particulier celle de la libération, à créer des opportunités d’investissement, à encourager le placement des capitaux et à toujours soutenir les causes libanaises et arabes auprès des grands pays et des institutions internationales et régionales.

Monsieur le Président,

Messieurs et Mesdames les Députés,

Pour avoir confiance dans le pays, il faut, tout d’abord, avoir confiance en nous-mêmes, en notre peuple, en le régime politique et en notre capacité à relever les défis. Ce gouvernement qui s’adresse à votre auguste assemblée porte l’étendard de la restauration de la confiance du citoyen en l’Etat et en le système politique, démocratique et parlementaire ; une confiance dont nous avons besoin et que nous réclamons en vue de compléter la libération, de reconstruire les régions libérées et de les intégrer au processus de développement national, de relever les grands défis à l’époque des changements et au début du 21ème siècle, à savoir ceux du développement et de la modernisation, de la reconstruction humaine, du développement durable et global, du pouvoir concurrentiel, et de la distinction et du progrès dans la région arabe, voire le monde tout entier.

Ce gouvernement a été formé grâce à la coopération continue et constructive avec le Président de la République. Nous avons voulu que ce cabinet représente la majorité des courants et des catégories politiques et régionales. Par conséquent, notre souhait est qu’il jouisse du soutien de tous les Libanais et que notre travail soit digne de votre confiance.

Notre gouvernement, présent devant votre Chambre, s’engage à la coopération et à la solidarité. Sur ce, et en vertu de la Constitution et des coutumes, le gouvernement réclame aujourd’hui la confiance de cette honorable assemblée afin de pouvoir commencer son travail, répondre aux besoins du peuple libanais, réaliser ses ambitions, relever les défis et assumer les responsabilités nationales qui incombent à la Chambre et au gouvernement.

Vive le Liban !

Beyrouth le jeudi 2 novembre 2000